Il y avait dans la nature une exubérance qui contrastait avec l’agitation des hommes, un élan dans le cœur des chiens poursuivant les enfants, les entourant de bonds joyeux, dont les aboiements parvenaient jusqu’à lui et rebondissaient sur son cœur.
Lui aussi aurait voulu courir dans la poussière dorée des chemins, s’emplir les poumons d’air léger, crier devant la beauté du monde, car n’était-ce pas une feuille de palmier qui faisait trembler la lumière devant lui? N’était-ce pas un ouiseau qui faisait rouler sous ses pas des baies d’un rouge luisant? Quand soudain il disparaissait dans le feuillage, l’éclat noir de son plumage aux reflets métalliques ou le jaune vif de son bec l’emplissaient d’allégresse. La vie. La beauté de la vie.
Tout cela heaurtait son cœur lourd pour s’y frayer de force un passage. Etait-ce cela l’éternité?

— Nicole Roland, “Kosaburo, 1945”

2 months ago on 29 December 2011 ~ 8:06am